Le 4 octobre dernier, lors de la cérémonie des Luxembourg Green Business Awards, l'Association Moldova-Luxembourg remportait le Green Retail Award. Rencontre avec Fernand LENOIR, Ingénieur Agronome et Président de l'Association.

Quelles sont les activités principales de l'Association ? Quelle est votre mission principale ?

Au départ notre association a été créée à des fins culturelles, éducatives, sociales et interuniversitaires et avec un projet sous-jacent de jumelage entre des villes de Moldova et Schifflange ou autre ville du Luxembourg. Nous avons pour cela invité un groupe folklorique lors de la Chrestmoart en 2009 et le succès fut total.

En Juin 2010, nous avons été alertés par une catastrophe en République de Moldova : un village de 2000 personnes et 700 habitations venait de « disparaitre » sous des coulées de boues impressionnantes. Lors de notre visite sur place j’ai constaté que la cause de ce sinistre était manifestement lié à une déforestation abusive dans la zone collectrice des eaux de pluies. On n’a pu rien faire sinon de proposer à ce que ce village soit entièrement reconstruit sur un sommet proche, ce qui fut fait.

Ayant vécu des situations similaires en Roumanie et ce d’autant que les déforestations dans ce pays, aidées par des mafias locales, ont conduit à des disparitions de villages, lignes de chemins de fer, ponts autoroutiers, etc…Evidemment les responsables locaux ont présenté tout cela à la population comme étant une fatalité ou une habitude avec laquelle il faudrait composer à l’avenir.

Nous avons créé le Teleforeston afin de sensibiliser les bonnes consciences à ce problème grave pour notre environnement et surtout afin de gérer la replantation des forêts dans toute l’Europe depuis le Luxembourg jusqu’en République de Moldova.

Ma mission principale est donc de faire avancer ce projet en incluant un maximum de personnes sensibles et déterminées à apporter leur contribution efficace dans tout l’espace européen.

Notre expérience de plus de 15 années dans ces pays de l’Est notamment, a permis de parfaitement comprendre les mécanismes devant permettre la création d’un système « Win-Win » et dont les profits seraient affecté à la replantation des forêts, qui est notre objectif prioritaire. D’où la création de notre marque SYMBIOFOR.XYZ ou la BIO qui replante des arbres.

 

Vous avez été récompensé pour la marque "SYMBIOFOR.XYZ". Pouvez-vous revenir sur la création de cette marque ?

Nos multitudes de visites de terrain dans les villes et les villages de ces pays de l’Est ont permis de comprendre définitivement que le développement de ces pays ne pourrait jamais se faire à un rythme et avec une efficacité suffisante pour tout le monde, qu’à la condition ou nous puissions réaliser une « Symbiose » entre deux catégories de gens complètement différents mais qui peuvent devenir extraordinairement complémentaires dans le respect et l’équité tout en fournissant une gamme de produits et de services susceptibles de fournir les fonds nécessaires à nos forêts.

Nous avons donc inclus la « BIO » dans cette marque pour la simple raison qu’en dehors de tout aspect financier, notre santé est devenue complètement liée à la consommation de produits naturels, non forcés, sans antibiotiques, substances de croissance, hormones, OGM, etc… Pendant plus de 12 ans en France dans une des régions agricole (Grand Ouest) les plus intensives de ce pays, j’ai pu établir des histogrammes de répartition dans le temps des compositions de plantes fourragères entrant en majorité dans l’alimentation des animaux comme le maïs, les céréales, betteraves, les herbages… Notre stupéfaction fût totale en observant des chutes spectaculaires des teneurs ou des déséquilibres en Calcium, Magnésium, Phosphore, cuivre, zinc, manganèse, sélénium, etc….Intervenant dans des élevages très performants mais avec des problèmes divers, nous avons pu rétablir la santé animale en composant des « cocktails » de ces divers éléments afin de corriger les rations composées des plantes signalées plus haut. J’avais attiré l’attention à cette époque sur la nécessité de faire de même chez l’homme puisqu’il consomme en général des produits (lait, viande, dérivés, etc..) provenant de ces mêmes exploitations agricoles.

Et voilà que notre diagnostique vient d’être confirmé indirectement par le dernier Prix Nobel de Médecine en 2016 attribué le 03 octobre à un chercheur Japonais (Yoshinori Ohsumi)

. Il démontre que le processus d’autophagie cellulaire permet à des cellules saines de « manger ou digérer » des cellules malades, cancérigènes ou provoquant des maladies lisosomiales, génétiques, l’Alzheimer, myopathies, etc….

La base est donc la « cellule saine » et celle-ci ne peut exister que par une nutrition adaptée de qualité, c’est-à-dire naturelle ou BIO. Si ce n’est pas le cas, c’est donc la porte est ouverte aux maladies, aux troubles physiologiques, etc…

Voici donc le pourquoi du terme « BIO » dans Symbiofor.

Enfin le terme FOR fait référence à l’objectif final de la replantation des forêts.

 

Vous parliez d'étho-marketing ? Pouvez-vous nous expliquer ce concept ? En quoi est-ce que cela consiste concrètement ?

Cette notion est fort importante car elle ouvre un nouveau marché lié aux migrations de populations fuyant non seulement les guerres mais surtout la faim, la soif, etc…liées directement aux processus de déforestations et de désertifications des zones à haute densité de population.

Ces gens qui ont commencé à affluer du monde entier viennent chez nous avec leurs habitudes alimentaires, vestimentaires et de loisirs qui nécessiteront l’ouverture de nouveaux commerces, de nouveaux marchés et de nouvelles productions. Notre société doit donc s’adapter et créer en « parfaite symbiose » avec eux de nouvelles productions, de nouveaux circuits commerciaux et de distribution. Les migrants peuvent donc être une richesse pour notre civilisation plutôt qu’une forme de rejet comme trop souvent.

Il est impossible de lutter contre de tels mouvements. Il faut donc les intégrer dans de nouveaux projets, de nouveaux produits, de nouvelles techniques créant à la fois de la richesse des deux côtés (autre forme de symbiose).

 On ne peut intégrer de nouvelles populations qu’autour de nouveaux projets générant la dignité et le respect.

 

Comment développer le BIO au Luxembourg ?

Au Luxembourg tout est possible et dans tous les domaines de l’activité économique, à la condition de réduire les couts de production.

On ne peut le faire qu’en réduisant la masse salariale des travailleurs au Luxembourg ; ceci va immédiatement créer une révolution comme chacun sait.

Notre solution « Symbiotique » est la suivante : il faut dispenser notre savoir, nos techniques, notre savoir-faire à des populations habituées de travailler avec de bas salaires et donc qui seront intégrés dans nos entreprises agricoles, semi industrielles avec un statut de « Stagiaire » pendant une durée minimum d’un an et ce dans tous les domaines de l’activité économique : mon expérience m’a permis de comprendre toute la différence entre un ingénieur belge, luxembourgeois ou allemand et celle d’un ingénieur, docteur, etc en Roumanie ou en Moldova.

Jusqu’en 1990, même le niveau de formation des professeurs était médiocre car n’ayant aucun accès à la littérature scientifique ou aux ouvrages techniques performants. Par ailleurs, la corruption dans les écoles et l’Université a permis la délivrance des milliers de diplômes, titres d’ingénieurs, de docteurs ou d’Académiciens à des gens ayant pu disposer de suffisamment d’argent pour pouvoir s’acheter un diplôme universitaire.  Un exemple très célèbre est celui dont on peut maintenant parler puisqu’officiel : le Diplôme de « Docteur en Droit » de l’ancien Premier Ministre de la Roumanie, Victor PONTA. Il a pu acquérir un diplôme de « dottore » en recopiant intégralement une thèse de doctorat d’un de ses ancêtres. On a pu depuis lors identifier des centaines d’autres détenteurs de « faux diplômes ». En Roumanie,  j’ai pu voir des médecins « diplômés » et responsables d’hôpitaux sectionner une jambe à un patient avec une pince à couper les barres de béton…

J’ai vu des médecins laisser « mourir » des patients car ils ne savent pas utiliser un appareil de massage cardiaque tout simplement.

Il faut donc inviter ces populations avec un stage obligatoire pendant un minimum d’un an afin qu’ils puissent soit prouver leur capacité ou seulement apprendre ce qu’ils ne maitrisent pas correctement.

En agriculture la BIO est un très grand consommateur de main d’œuvre d’où le faible succès pour le BIO au Luxembourg. En effet à peine 7 % sont réalisés sur le territoire national. Nous avons donc une technique magnifique, des géniteurs splendides, des conditions de milieu idéales et pénalisés essentiellement  par le cout du travail. Notre projet résout à lui seul ce problème mais en plus et par réciprocité, l’étranger ayant appris une technique BIO chez nous, retournera chez lui après avoir créé avec le partenaire luxembourgeois une société mixte qui permettra de produire dans son pays d’origine et avec la collaboration du luxembourgeois, les produits de leur conception commune. Ce nouveau produit BIO pourra alors aussi permettre une importation vers le Luxembourg de produits réalisés à l’extérieur où les couts de productions seront moindres mais avec la même qualité et la même rigueur que celle développée au Luxembourg. Dans certains cas on pourrait même réussir des productions de meilleure qualité encore qu’au Luxembourg car les sols n’ont jamais été traité (par manque de moyens financiers notamment), l’eau est par ailleurs d’une qualité inconnue chez nous.

Ce système BIO non seulement assurera de meilleurs revenus aux partenaires luxembourgeois et étranger , une meilleure qualité des productions et une commercialisation telle qu’elle permettra de dégager des profits suffisants à la replantation de nos forêts.

On pourrait donc de cette manière développer l’agriculture BIO au Luxembourg en  priorité et avec un objectif de minimum 60 à 70 % dans les cinq prochaines années. Ceci est enfin le meilleur plan de sauvetage pour l’agriculture et les petites industries au Luxembourg.

Nous conclurons avec tous les producteurs luxembourgeois un contrat de commercialisation sous notre marque SYMBIOFOR.352 et avec le slogan : « La BIO qui replante des forêts » ; le terme BIO inclut la bière, l’eau, le lait, les fromages, les charcuteries, les viandes, volailles, œufs, céréales, etc, etc…

Pour des raisons évidentes, nous ne pouvons à ce stade tout dévoiler, mais nous le ferons volontiers à l’avenir.

Par ailleurs, nous souhaitons rapprocher de notre concept un maximum de producteurs, de transformateurs, de conditionneurs, etc… tant au Luxembourg que dans la Grande Région Europe afin de développer ce projet sur un espace le plus grand possible.

Enfin, l’ensemble de ce programme couplé à nos modules assurera durant les 5 prochaines années un job à plus de 2 millions de femmes et d’homme dans l’UE avec la replantation de 5 millions d’Ha de forêts.