Première épicerie bio sans emballages du Luxembourg, OUNI s'est vu remettre le Green Consumer Award à l'occasion du Green Innovation Summit le 19 octobre 2017. Membre du conseil d'administration de cette récente initiative citoyenne, Julien Gannard revient pour Greenworks sur le développement d'OUNI et ses perspectives d'avenir.  

Comment l'idée d'OUNI est-elle née ?

Le concept de revenir à des épiceries sans emballages s'inscrit dans le cadre général de la transition, au Grand Duché et en Europe. Ce concept se développe en Europe, sous diverses formes.

Au Luxembourg, OUNI est avant tout une initiative citoyenne, lancée par un message posté sur un réseau social bien connu par une des membres fondatrices, Vanessa Paul. Elle a été très vite rejointe par Patricia Trompers et Caroline Lam, puis par d’autres connaissances jusqu’au groupe de sept membres fondatrices.

Elles ont ensuite monté l'ensemble du projet, vite aidées par plusieurs centaines de personnes pour collecter les fonds nécessaires à la constitution du capital de départ. L'engouement a été réel et immédiat, entre la constitution officielle en février 2016 et l'ouverture, en décembre de la même année. Cela aurait pu même être plus rapide s'il n'y avait pas eu autant de difficultés à trouver un local répondant aux contraintes de proximité, de surface utile et de montant du loyer.

 

Pouvez-vous revenir sur vos premiers mois d'activité au Luxembourg ?

En même temps que la collecte du capital et la recherche du local, différents groupes de travail regroupant les membres de la coopérative se sont mis en place. Certains s'occupent de la communication, d'autres des relations avec les fournisseurs, de la gestion. Avant l'ouverture, un gros travail a été réalisé par le groupe de travail Aménagement pour construire les différents éléments de la boutique. L'essentiel du mobilier a été réalisé par les membres en réutilisant du matériel usagé, notamment le bois de palette.

Avant l'ouverture, il a fallu constituer les stocks, former les membres actifs qui se sont engagés à participer pendant deux heures par mois à la vie de la boutique. C'est un élément important du projet. Il a fallu tout installer, se familiariser avec le matériel, les livraisons, le fonctionnement de la boutique, etc.

Une grosse partie du travail depuis un an a aussi consisté à jongler entre les filières de production traditionnelles et les exigences de la vente en vrac, afin de fournir à nos membres et nos clients des produits toujours plus locaux, de saisons et bios. Un gros travail est réalisé en continu pour améliorer et adapter la boutique suites aux remarques des membres, des employés et des clients de la boutique. Cette année a vu aussi un renouvellement partiel du conseil d'administration au cours de la première assemblée générale.

 

Quels sont les futurs développements d'OUNI ?

Il faut déjà pérenniser la boutique et optimiser son fonctionnement. Avec une gérante et trois employés, OUNI a permis de créer 4 emplois. Cela passe aussi par la poursuite de l'intégration de nouveaux membres actifs pour compenser la moindre implication de certains pour raisons familiales ou des déménagements.

D'autres projets sont en cours d'élaboration, comme le défi « zéro déchet » qui devrait être lancé en 2018. Il y a également en réflexion un système de location et de livraisons par vélo, qui est un projet qui demande du budget important d'une part et pose la question de la nature d'une coopérative comme OUNI. Le passage à la boutique crée du lien, c'est important pour une coopérative comme la nôtre.

 

Selon vous, quels ont été les éléments de votre dossier de candidature qui ont convaincu les membres du jury ?

Tout d'abord, recevoir cet award nous fait d'autant plus plaisir que les projets concurrents étaient de haut niveau et de bonne qualité. Le fait de s'inscrire dans un mouvement de transition actif au Grand-Duché a du être un élément important. Le jury a sans doute été séduit par l'aspect coopératif, à partir d'une initiative citoyenne, avec une forte implication des membres dans la coopérative.

On est une start-up du commerce, à taille humaine avec une ouverture récente. Le jury a sans doute voulu nous soutenir. A moins bien sûr que ce ne soit les 15 bocaux de pois chiches que nous avons offerts à chacun des  membres du jury qui ont pesé dans la balance au moment du choix (rires).

 

 


Publié le 14 novembre 2017