#Imprimeries

Gilles Vermot-Desroches est Directeur du Développement Durable au sein de la société Schneider Electric. Le 7 mai prochain, il partagera son expertise avec les CEOs et top-décideurs locaux lors de l’événement de référence du Green Business au Grand-Duché. En attendant sa venue au Grand-Duché, ce professionnel du développement durable donne un avant-gout de sa présentation, en répondant aux questions de Laurent Rouach, Partner, PwC Luxembourg, et GreenWorks. Inscrivez-vous au Luxembourg Green Business Summit.

 

GreenWorks : La fonction de directeur du développement durable n’est pas commune dans les entreprises du Grand-Duché. Quels sont les missions principales liées à cette fonction et les principaux chantiers relatifs que vous avez développés? 

Chez Schneider Electric, dans le Conseil d’Adminstration, il y existe une commission « Ressources Humaines et Développement Durable » qui, tous les ans, interroge la Direction générale et moi-même sur le sujet du Développement Durable.

 

Au quotidien, avec mon équipe, nos missions sont les suivantes : 

- Etre attentif et faire entrer chez Schneider Electric la compréhension des grands enjeux de la planète. Par exemple, pour les 5 ans qui viennent, le programme d’entreprise de la société s’organise autour de 5 grands enjeux : climat / biodiversité / l’éthique / développement (lutte contre la pauvreté) / la santé et l’équité.

- De plus, nous bâtissons des plans de progrès concrets qui nous permettent de prendre en compte les enjeux cités ci-dessus, de progresser et d’y associer l’ensemble de nos parties prenantes, de nos collaborateurs.

 

Laurent Rouach : Quels sont les principes qui guident l’approche Green Business de Schneider Electric ?

La compréhension de l’enjeu climatique va être tellement important partout dans le monde, quel que soit l’accord qui va être pris à Paris (lors du COP21), pour plusieurs raisons qui peuvent être complémentaires et qui guident les approches Green Business des sociétés.

 

Pour Schneider Electric, nous pouvons citer la volonté de réduire le coût de l’énergie dans son chiffre d’affaire et en particulier le côté non-prédictible de l’évolution des prix, et donc d’accroitre son indépendance.

 

Laurent Rouach : Le développement durable est-il simplement une nécessité de conformité ou peut-il être le moteur de votre activité ?

C’est véritablement le moteur du futur de Schneider Electric. L’engagement développement durable, à la fois pour construire une entreprise mondiale qui agrège des collaborateurs autour des valeurs, qui est attractive et qui puisse répondre aux enjeux qui nous paraissent les plus pertinents pour la planète. Aujourd’hui, le développement durable est ce guide qui permet d’ouvrir la fenêtre de l’entreprise, de comprendre, puis de créer une synergie entre des collaborateurs qui sont tous dans un même bateau pour faire avancer l’entreprise.

 

GreeWorks : Quels sont les éléments de mesure sur lesquels vous vous appuyez ?

Nous utilisons un outil totalement transparent, intitulé « Baromètre Planète et Société ». Il s’agit d’un outil back-office et front-office, avec une quinzaine d’indicateurs sur nos plans de progrès concrets mesurés tous les trimestres, sur des actions permettant de progresser par exemple sur la réduction des émissions carbones dans notre plan logistique, la réduction des accidents du travail, l’augmentation de notre engagement pour former des jeunes de la base de la pyramide aux métiers de l’électricité, réduction du stress, le fait que nos produits soient éco-conçus, etc.

 

Ces éléments font partie des outils de rémunération de Schneider Electric, dans la partie variable pour les 3000 managers de l’entreprise jusqu’au président. Chaque année, nos collaborateurs obtiennent des indicateurs de performance : 20% sont liées aux éléments de ce baromètre.

 

GreenWorks : Comment le développement durable est-il devenu un levier de croissance pour Schneider Electric ?

Depuis le début de la mise en place de cette stratégie, en 2002, nous avons eu à cœur d’associer cet enjeu de développement durable dans la perspective d’accroitre la responsabilité globale et équitable de Schneider Electric au niveau mondial. Résultat, l’entreprise a beaucoup cru ces 15 dernières années pour arriver aujourd’hui à plus de 170 000 collaborateurs dans plus de 120 pays.

 

Le développement est également une sorte de boite à outils qui permet de transférer les bonnes pratiques partout dans le monde et d’établir un langage de valeurs cohérent pour tous les collaborateurs. Nous y associons une deuxième démarche : la réflexion sur l’avenir de la société. Schneider Electric veut offrir à ses clients des solutions intelligentes et sûres pour réduire leur consommation énergétique, leurs émissions de carbone, etc.

 

GreenWorks : Quels sont les éléments à prendre en compte lors d’une transition vers une stratégie de développement durable ?

Dans un premier temps, il faut prendre en compte le fait que l’entreprise doit bâtir son avenir sur ses forces et sur la compréhension de l’évolution du monde. Nous sommes dans un monde en transformation permanente, avec des crises à prendre en compte, mais ce monde comprend mieux que jamais ce qui lui arrive… Pourquoi en sommes-nous là ? Que faudrait-il faire ? Quels sont les enjeux de développement ?

 

Le développement durable, c’est à la fois, puiser dans les bonnes pratiques historiques de l’entreprise pour les réinventer au regard de ces enjeux auxquels fait face l’entreprise, et faire en sorte que celle-ci puisse le plus rapidement possible transformer ses actifs (patrimoine humain, stratégie et son ambition) pour répondre à  ces enjeux. C’est également la meilleure manière d’être attractif pour les jeunes dans le monde entier, et également de s’assurer que vos solutions resteront en cohérence avec les besoins… et donc d’assurer son avenir !

   

Laurent Rouach : Schneider Electric propose des solutions de « energy management » pour les sociétés dans le monde. Observez-vous des approches différentes en termes d’ « energy management » selon les zones géographiques ou par industrie ?

Partout dans le monde, les enjeux énergétiques, et tout particulièrement la constitution du mixte énergétique, sont centraux. Nous ne parlons pas d’énergie de la même manière, nous ne faisons pas payer l’énergie de la même façon selon le pays dans lequel on se trouve.

 

Par exemple, en Allemagne il est plutôt décidé de faire payer l’énergie aux familles et de réduire le coût pour les entreprises, alors qu’en France il s’agit plutôt de l’inverse. Dans chaque pays les politiques d’efficacité énergétiques sont liées aux enjeux, à la fois du type de mixte, du coût de l’énergie ainsi qu’à sa disponibilité. Dans chacun de ces cas, les outils et solutions doivent être adaptés.

 

 

GreenWorks : Quels sont les 3 conseils pratiques que les leaders locaux pourront mettre en place dès le lendemain de la conférence grâce à votre intervention? 

Il est primordial d’avoir un vrai processus d’écoute et d’analyse des enjeux du monde, c’est-à-dire bâtir une stratégie moyen terme, à la fois sur les forces et l’évolution de ces forces de l’entreprise et également sur les obstacles et les enjeux qu’elle va croiser au regard de ce qui, aujourd’hui, façonne le monde, par exemple, le climat.

 

Il faut également bâtir un outil précis, transparent, qui met en valeur les plans de progrès que se donne l’entreprise, et permet à tout collaborateur de dire « voilà ce que nous faisons pour répondre à  ces enjeux ». Selon moi, la pire situation dans une politique de développement durable est lorsque les employés ne savent pas véritablement ce qui est fait en termes au sein de l’entreprise, et attribuent simplement cette politique à la stratégie marketing de l’entreprise…

 

Le troisième point, en particulier pour les sociétés qui ont des outils de rémunération qui prennent en compte les performances, est de considérer ces enjeux de développement durable comme tellement important, afin qu’ils soient eux-mêmes des critères d’outils de rémunération.

 

Ne manquez pas les interventions de Gilles Vermot-Desroches, Steve Waygood, Pr. Thomas Malnight et Camille Gira. Inscrivez-vous* dès aujourd’hui : http://gala.greenworks.lu/register-now/

 

* Inscription gratuite pour CEOs et Responsables du Développement Durable.

 

Propos recueillis par Alexandre Keilmann - @Alex_Klmnn