Lors de l'édition 2016 du Luxembourg Green Business Summit qui s'est déroulée le 4 octobre, le Lycée Technique d'Ettelbruck a remporté le prix de la Green Team of the Year pour la mise en place d'un BTS Développement Durable. Rencontre avec Yves Monville, le Directeur adjoint du lycée.

Pouvez-vous revenir sur la mise en place du BTS Développement Durable ? De quel constat êtes-vous partis ? Combien de personnes ont été impliquées dans ce projet ?

En 2012, une équipe de quatre enseignants en sciences économiques et sociales a commencé à travailler sur le projet BTS (Brevet de Technicien Supérieur). Le constat était simple :

Dans toutes les formations liées à la gestion d’entreprise du secondaire technique, seul de volet économique est traité en profondeur. Les volets social et écologique sont cités, sans être intégrés de manière transversale dans les cours de gestion, d’économie ou de marketing.

Les jeunes diplômés du secondaire ont de plus en plus de difficultés à intégrer le marché du travail. Il leur faut donc une possibilité de mieux se préparer aux exigences du marché du travail.

Cette équipe a développé une maquette qui a été présentée à plusieurs entreprises et experts du développement durable qui nous ont confirmé l’importance d’une telle formation. En octobre 2013 nous avons déposé la demande en recevabilité, première étape obligatoire pour obtenir l’autorisation de développer un nouveau BTS. L’équipe BTS a ensuite été étoffée par d’autres enseignants en intégrant des spécialistes de l’environnement, de la communication et de l’informatique. En janvier 2015 nous avons déposé notre demande d’accréditation. Finalement, après près de 3 années de travail, le BTS Gestion d’entreprise et Développement durable a été accrédité par l’arrêté ministériel du 1er juin 2015.

 

Quelles sont les particularités de ce programme ? Combien d'étudiants le suivent-ils actuellement ?

Le BTS Gestion d’entreprise et Développement durable se caractérise par les objectifs fixés par l’équipe pédagogique. Le futur diplômé doit être à même d’occuper un poste de gestion dans une organisation publique ou privée et ceci en respectant la philosophie du développement durable. Il doit pour cela être capable de reconnaître l’importance du développement durable dans la gestion d’une organisation et de comprendre les liens entre les contraintes économiques, environnementales et sociales.

Pour permettre aux jeunes d’atteindre ces objectifs, nous voulons développer des qualités comme l’intérêt pour l’environnement, le talent de meneur et de motivateur, le sens d’initiative, le sens critique et finalement l’intérêt pour les relations humaines.

En septembre 2015, démarrage de notre première promotion, nous avons commencé avec 15 étudiants.

 

Avez-vous pu observer une augmentation dans la fréquentation des cours ? Quels sont vos prochains objectifs ?

 

En septembre 2016, le nombre d’étudiants de la deuxième promotion est passé à 21. Nous constatons donc que l’intérêt auprès des jeunes est bien réel, ce qui nous motive pour aborder la dernière étape dans le développement du BTS, la mise en place du stage de 9 semaines à la fin du 4e et dernier semestre de la formation. Il s’agit là d’un moment critique, celui de l’application des savoirs théoriques et pratiques acquis au cours de la formation dans un exercice concret sur le terrain : les stagiaires seront en effet confrontés à une situation, un problème réel dans une entreprise, ils devront comprendre la situation, développer une proposition de résolution et convaincre l’entreprise et les enseignants du bien-fondé de leur solution.

Au-delà, nous voulons développer les collaborations avec des intervenants externes pour faire en sorte que nous répondons le plus possible aux besoins du marché du travail.

 

Comment convaincre les entreprises luxembourgeoises d'investir dans le développement durable ?

Un investisseur peut être personnellement convaincu de l’utilité du développement durable, tout particulièrement dans une vision à long terme. Chaque investissement doit cependant afficher une rentabilité suffisante pour pouvoir être réalisé. Il ne suffit donc pas que l’entrepreneur soit convaincu, il faut que ses clients, entreprises ou consommateurs finaux, le soient aussi. À la base, il doit donc y avoir une prise de conscience générale dans la population pour que les investissements dans le développement durable deviennent naturels et soient rentables.

L’enseignement joue un rôle important dans la formation des consommateurs et des décideurs de demain et nous espérons que la mise en place d’une formation intégrant le développement durable permettra de populariser cette approche tout en préparant ces jeunes aux nouvelles exigences du marché du travail.


Publié le 04 novembre 2016